À chaque étape du parcours visant à sortir durablement une personne de la rue, sa santé mentale se retrouve au cœur de nos démarches. Qu’il s’agisse d’établir une relation de confiance lors des premiers contacts ou de s’assurer qu’elle puisse à nouveau vivre en société de façon autonome lorsqu’elle est en logement, l’évaluation et le soutien de sa santé psychologique constituent des enjeux majeurs pour notre association.
Ainsi, ces dernières années, beaucoup d’efforts se sont concentrés sur la recherche de réponses concrètes à cette réalité. De ces années de réflexion, d’expérimentation et de travail sur le terrain est né, entre autres, le ReDiCo, que notre pôle psy est fier de vous présenter.
ReDiCo, le nouvel outil de mesure de la santé mentale
Le ReDiCo – pour Relation, Discours, Conscience morbide – est une échelle de mesure conçue pour aider les intervenant·es de terrain à évaluer de manière objective et cohérente l’état de santé mentale des personnes qu’elles accompagnent afin d’aider à la prise de décision sur le terrain et de structurer les démarches qui en découlent.
Pour chacun des trois critères précédemment cités, différents degrés de sévérité – allant de 0 à 3 – ont été définis. L’évaluation d’une personne permet donc d’obtenir un score global compris entre 0 et 9, pour lequel une direction plus ou moins claire est définie. Un score inférieur à 3, par exemple, signifie qu’il faut envisager d’appeler les services d’urgence.

Des critères bien réfléchis
Comme nous l’avons évoqué précédemment, l’évaluation de la santé mentale repose sur trois dimensions : la Relation, c’est-à-dire la capacité de la personne à entrer en relation et à interagir avec autrui ; le Discours, qui porte sur la cohérence et l’intelligibilité de ses propos ; et la Conscience morbide, qui correspond au degré de lucidité de la personne quant à son propre état mental.
Ces trois critères n’ont évidemment pas été choisis au hasard. Ils s’appuient sur ceux définis par la loi belge relative à la protection des malades mentaux, qui encadre les conditions dans lesquelles une mesure de protection peut être envisagée. Ainsi, cela permet d’inscrire l’action des équipes dans un cadre légal, dans le cas où la situation de la personne nécessiterait d’aller plus loin dans sa prise en charge.
À quel moment utiliser le ReDiCo ?
L’évaluation à l’aide du ReDiCo doit être réalisée dans les 20 premières minutes de la rencontre avec la personne, afin d’évaluer sa capacité à maintenir ses défenses psychiques et à contenir d’éventuels éléments délirants durant ce laps de temps. Le ReDiCo prend toutefois tout son sens lorsqu’il est utilisé dans le temps. En répétant l’évaluation au fil des rencontres, les équipes peuvent suivre l’évolution de la situation : observer une amélioration, une stabilisation ou, au contraire, une détérioration de l’état de la personne.
Le ReDiCo est donc à la fois un outil d’observation, d’aide à la décision, mais également de suivi. Grâce à cet outil, les professionnel·les disposent d’un langage commun pour poser un regard plus juste sur chaque situation, en s’appuyant sur des éléments concrets plutôt que sur les impressions propres à chacun·e.
